Les deux modes de rémunération d'un dirigeant
Un dirigeant de société peut se rémunérer de deux façons principales :
- Le salaire (ou rémunération de mandataire) : déductible de l'IS, soumis à charges sociales
- Les dividendes : issus des bénéfices après IS, soumis au PFU 30% ou au barème IR
Impact sur l'IS de la société
Le salaire versé au dirigeant est une charge déductible du résultat de la société, ce qui réduit l'IS à payer. Les dividendes, en revanche, sont versés à partir du bénéfice après IS : la société a d'abord payé l'IS avant de distribuer.
| Mode de rémunération | Charge IS | Charge sociale dirigeant | Prélèvement final |
|---|---|---|---|
| Salaire SASU | Réduit (déductible) | ~75% du brut | IR progressif sur net |
| Salaire SARL TNS | Réduit (déductible) | ~45% du brut | IR progressif sur net |
| Dividendes SASU | IS 15%/25% d'abord | Aucune charge sociale | PFU 30% |
| Dividendes SARL gérant maj. | IS 15%/25% d'abord | Cotisations TNS si >10% capital | PFU 30% ou barème |
Stratégie optimale selon le niveau de CA
CA < 50 000 € : priorité aux dividendes
La société paie 15% d'IS sur son bénéfice (taux réduit PME). Le dirigeant se verse un salaire minimal (SMIC ou zéro en SASU) pour minimiser les charges et distribue le reste en dividendes à 30% (PFU). Taux total effectif : IS 15% + PFU 30% = ~40,5% mais sur la base réduite.
CA entre 50 000 € et 150 000 € : équilibre salaire/dividendes
Un salaire permettant de valider les droits à la retraite (seuil AGIRC-ARRCO : environ 17 000 € brut/an) est recommandé. Le surplus est distribué en dividendes.
CA > 150 000 € : optimiser avec une holding
Au-delà d'un certain seuil, la création d'une holding permet de faire remonter les dividendes à 1,25% d'IS effectif (régime mère-fille) et de les réinvestir sans imposition immédiate.
Le cas de la rémunération zéro
En SASU, il est possible de ne se verser aucun salaire (pas de cotisations minimales obligatoires). Cela optimise les charges à court terme mais génère zéro droit à la retraite et à la maladie pour la période concernée. À utiliser avec précaution, notamment en complément d'une activité salariée.